Le Centre nautique de la Lièvre, un projet original et novateur
Autrefois une ville, Buckingham, dans la foulée des fusions municipales, s’est amalgamée à la nouvelle ville de Gatineau dont elle est devenue un district. Un district qui a conservé son allure de patelin et qui a toutes les caractéristiques d’un village urbain riche de vie et foisonnant d’initiatives communautaires. Un milieu de solidarité où les organismes communautaires se liguent pour chercher à résoudre des problématiques sociales. Par le biais de projets d’actions concertées, ces organismes travaillent ensemble à l’atteinte d’objectifs communs.

Le district de Buckingham, passablement éloigné du centre-ville de Gatineau dont il est séparé par une zone agricole d’une trentaine de kilomètres, est, par sa situation historique et sa position géographique, le chef-lieu de la Vallée-de-la-Lièvre.

Autrement dit, un centre de services (hôpital, école polyvalente, CLSC…) offerts aux municipalités et aux villages environnants de même qu’au quartier voisin de Gatineau, Masson-Angers, éloigné lui aussi du centre-ville.

L’Ange-Gardien est une municipalité rurale voisine, située dans la MRC des Collines- de-l’Outaouais, qui mise sur la protection de l’environnement et sur le développement d’une agriculture écologique. Son territoire occupe les deux rives de la rivière du Lièvre entre Buckingham et Notre-Dame-de-la-Salette. Il s’y trouve tout ce qu’il faut pour développer l’agrotourisme et le plein air. En contrepartie, le district de Buckingham offre à sa voisine l’utilisation des ressources d’une ville : commerces, soins de santé, équipements sportifs, organismes de loisir…

Conscients des avantages que les deux communautés pouvaient tirer l’une de l’autre, des citoyens se sont réunis en un comité mixte dans le but de réfléchir au partage possible des ressources de chacune. Remise en question, donc, des chasses gardées et du chacun dans sa cour. C’est sous le signe de la complémentarité que ce comité s’est converti en une corporation.

Le 24 mars 2010, la Corporation plein air de la Lièvre tenait sa première assemblée générale. Des citoyens de l’Ange-Gardien, de la MRC des Collines-de- l’Outaouais et du district de Buckingham y étaient présents : autant des citoyens que des conseillers; autant des représentants d’organismes que des fonctionnaires municipaux. L’assemblée a procédé à l’élection d’un conseil d’administration qui a reçu comme mandat, avec l’aide de personnes ressources dynamiques et compétentes, de concrétiser, par des projets appropriés, les objectifs suivants de la nouvelle corporation.

Développer l’offre touristique dans la Vallée-de-la-Lièvre en créant un jalon supplémentaire visant à améliorer la qualité de vie de notre milieu.

Rendre accessible à tous les citoyens et aux touristes la pratique d’activités nautiques saines et écologiques en offrant des équipements et un encadrement sécuritaire.

Revaloriser la rivière qui fut marquante pour le développement du secteur de Buckingham, de L’Ange-Gardien et de ses environs.

Réaliser un projet ayant une portée sociale, économique et durable.

Maximiser le potentiel récréotouristique de la rivière du Lièvre et de ses environs.

Développer des partenariats avec les organismes déjà existants (ex. COBALI, Société d’histoire de Buckingham).

Contribuer au développement de l’économie sociale en favorisant la création d’emplois pour les jeunes dans le secteur récréotouristique.

Les membres de la Corporation plein air de la Lièvre se sont évidemment intéressés à la rivière du Lièvre pour plusieurs raisons. Entre autres, il faut savoir que depuis l’incorporation de la ville de Buckingham, le 14 juin 1890 (à l’époque L’Ange-Gardien en faisait partie), la rivière du Lièvre est au cœur du développement de la région. Elle a été un canal de transport pour les billots de bois, l’industrie de pâte et de papier étant la principale activité économique des environs. On a même pu y voir la navigation de bateaux à aubes dont une épave serait toujours existante. Jos Montferrand (1) y a travaillé et elle a inspiré à Félix Leclerc la chanson La Drave. La Drave est aussi le titre d’un court métrage produit par Raymond Garceau pour l’ONF (2) qui compte également dans sa collection un autre court métrage décrivant le charme de cette pittoresque rivière et qui a pour titre Matin sur la Lièvre. (3)

Sur sa rive est, tout au nord du district de Buckingham, existe un parc, le Landing, qui longe la rivière jusqu’à la frontière sud de l’Ange-Gardien. Un parc modestement aménagé et sous-utilisé mais dont l’emplacement est stratégique pour une raison bien particulière : c’est actuellement le seul endroit entre Buckingham et Notre-Dame-de-La- Salette où il y a une rampe publique d’accès à la rivière.

De plus, à cet endroit, la rivière est plus large qu’en amont, ce qui fait que le courant y est moins fort. Plan d’eau idéal, donc, pour permettre des activités de navigation sportive et écologique légères: canot, chaloupe, rabaska, kayac, pédalo…

La Corporation plein air de la Lièvre a trouvé là l’occasion de relancer un projet déjà amorcé depuis 2005. En effet, M’Ado jeune, un organisme communautaire de Buckingham, avait entrepris la réalisation d’un projet de vélos communautaires mettant gratuitement à la disposition des citoyens du secteur, des vélos pour leurs déplacements. L’organisme voulait d’abord répondre à une problématique de transport pour les jeunes de façon à atténuer les irritants reliés au transport en commun, déficient dans leur milieu. L’organisme souhaitait aussi la réalisation d’un projet mobilisant pour la communauté en même temps que créateur d’emplois pour les jeunes à qui allait être

confiée, en quelque sorte, la «gérance» du quotidien : promotion, entretien, distribution et reclassement des vélos. Les usagers y trouvaient l’occasion d’améliorer leur santé… en pédalant. Les jeunes, eux, s’éduquaient au sens civique et à la protection des biens publics… en réparant et en «administrant».

C’est dans le but de donner plus de poids, plus d’envergure à leur projet et d’en assurer la pérennité que M’Ado jeune a greffé aux «vélos populaires» un autre projet qui voulait répondre à une volonté collective du milieu : se réapproprier l’accès aux berges et au plan d’eau de leur rivière en créant un centre nautique accessible à tous. Une façon également pour M’Ado jeune de bonifier l’offre d’activités récréotouristiques qui lui permettrait de s’implanter de façon définitive dans le secteur Est de la ville de Gatineau.

Des personnes généreuses ont travaillé fort à ce projet : Sylvain Charron (M’Ado jeunes), Karine Déseaulniers (ville de Gatineau), Alain Descarreaux (municipalité de l’Ange- Gardien), Anne Mercier (Regroupement des gens d’affaires de la Basse-Lièvre),
Mathieu Dupont et Sylvie Filiou (Corporation de Développement Communautaire (CDC) Rond Point). Rassemblées en un comité provisoire, elles se sont mobilisées afin de créer une entreprise d’économie sociale visant à bonifier, comme le souhaitait M’Ado jeune, l’offre d’activités physiques et récréatives dans le secteur de Buckingham.

Voilà de quelle belle initiative a hérité le présent Conseil d’administration de la corporation qui prévoit offrir au public l’accès au Centre nautique de la Lièvre dès l’été 2011, misant sur l’expertise et le support de la Division loisirs, sports et développement communautaire de la ville de Gatineau.

Situé dans l’un des quartiers des plus défavorisés de la ville de Gatineau, le Centre nautique de la Lièvre veut revaloriser le quartier et le parc.

Par la location de canots et de kayaks, les membres de la corporation croient participer à l’amélioration de la qualité de vie des visiteurs par la pratique d’activités physiques et de plein air. Ils souhaitent également éduquer la communauté par l’adoption de pratiques saines en même temps que respectueuses de l’environnement et, bien sûr, susciter des retombées économiques intéressantes pour les entreprises locales.

Le projet étant développé dans une perspective d’économie sociale, les orientations sociales du projet visent également à permettre la création d’emplois et l’implication des jeunes dans leur milieu.

La nature du projet est tout à fait novatrice. En associant deux villes et en travaillant sur deux territoires de façon à mettre toutes les ressources en commun pour réaliser un grand projet communautaire, les membres de la Corporation plein air de la Lièvre sentent qu’ils prennent part à un nouveau tournant du mouvement communautaire. Chacun y retrouve des intérêts différents mais tous veillent à la réussite collective du projet. En d’autres mots :

«Mieux vaut une réussite solidaire qu’un exploit solitaire.» Albert Jacquard

« Âgé de 25 ans, il travaille pour la compagnie Bowman and Gilmore, dans les chantiers de la Lièvre au nord de Buckingham et ailleurs au nord de la rivière des Outaouais.» http://chemindeserables.pagesperso-orange.fr/Montferrand.htm

http://www.onf.ca/film/drave

http://www.onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=579

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